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Espagne-Pedro Sanchez convoque des élections législatives anticipées le 29 novembre
information fournie par Reuters 05/10/2026 à 11:56

(Actualisé tout du long avec déclarations, détails, contexte)

Le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé lundi des élections législatives anticipées le 29 novembre, prenant acte du rejet par le Congrès des députés des mesures qu'il proposait pour enrayer la crise du logement.

Les propositions du gouvernement sur le logement, qui semblaient avoir la faveur de l'opinion publique, comprenaient l'interdiction des expulsions de locataires vulnérables jusqu'en 2030, la prolongation de deux ans du gel des loyers pour les baux existants et un durcissement des règles relatives aux locations de courte durée.

Le gouvernement, qui n'est pas majoritaire au Congrès des députés, avait annoncé ces mesures en réponse aux manifestations dans tout le pays contre la crise du logement, qui ont pris de l'ampleur après l'expulsion en septembre d'une locataire de 87 ans à Madrid.

"Nous devons renouveler le soutien de la population", a déclaré Pedro Sanchez dans une allocution télévisée.

"Nous devons nous mobiliser et remporter une majorité progressiste bien plus large au Parlement, une majorité qui nous permettra de surmonter les intérêts particuliers, de réaliser de nouvelles avancées sociales et de poursuivre la transformation de l’Espagne."

Le président du gouvernement espagnol, au pouvoir depuis 2018, a reconnu avoir commis des erreurs et ne pas avoir tenu toutes ses promesses de campagne.

"Je sais également qu’une partie de cette majorité sociale est aujourd’hui insatisfaite", a-t-il dit, tout en s’engageant à se battre pour que l’Espagne reste "un bastion d’ouverture, de justice sociale et de responsabilité environnementale".

LA DROITE FAVORITE DES SONDAGES

Le principal parti d'opposition, le Parti populaire (PP), a écrit sur X le mot "ENFIN" en lettres majuscules, alors que les conservateurs ont appelé à la convocation d'élections anticipées pendant la majeure partie de la législature actuelle.

Ce scrutin anticipé représente un pari risqué pour Pedro Sanchez, dont le Parti socialiste est à la traîne dans presque tous les sondages d’opinion.

Une défaite électorale marquerait la fin de l’un des derniers gouvernements de gauche en Europe, alors que l’extrême droite enregistre des avancées sans précédent sur tout le continent.

Pedro Sanchez, qui s'est distingué en adoptant une position ferme sur des questions progressistes, a également subi une série de revers et de scandales qui ont affaibli sa position.

Alors que la cote de confiance du Parti socialiste a oscillé entre 26 et 31% tout au long de son mandat, il avait bénéficié d’un récent regain de popularité grâce aux propositions destinées à lutter contre la crise du logement.

Mais les sondages indiquent qu’une coalition menée par le PP et soutenue par le parti d'extrême droite Vox est le scénario le plus probable vers lequel se dirige l'Espagne.

Un tel résultat à l'issue des élections du 29 novembre ferait entrer un parti d’extrême droite au gouvernement pour la première fois depuis le retour à la démocratie après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975.

Le chef de file de Vox, Santiago Abascal, a toutefois averti que le résultat des élections était imprévisible malgré des sondages favorables à la droite.

"Les sondages disaient la même chose en 2023 et Sanchez a réussi à former une majorité avec tous ses complices", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Antena 3.

"UNE FENÊTRE D’OPPORTUNITÉ"

Pedro Sanchez, qui n'a jamais obtenu suffisamment de voix pour former un gouvernement majoritaire, est parvenu à constituer des coalitions fragiles, s'assurant des voix à l’extrême gauche et au sein de la droite séparatiste afin de rester au pouvoir pendant trois mandats consécutifs.

Mais la fragmentation croissante de ses partenaires a fait capoter les projets de son gouvernement, qui n’a adopté que très peu de lois au cours de son troisième mandat et n’a pas réussi à faire adopter de budget depuis 2023 - alors même que l’économie espagnole continue d’afficher l’une des meilleures performances du monde développé.

Alors que d’autres pays européens ont durci leur politique à l’égard de l'immigration, Pedro Sanchez n’a cessé de faire valoir que les arrivées étrangères étaient essentielles pour soutenir la croissance en comblant les pénuries de main-d’œuvre ainsi que pour soutenir le système social espagnol, sous pression.

Selon Lorenzo Bernaldo de Quiros, économiste et président du cabinet de conseil "Freemarket Corporate Intelligence", les mesures de Pedro Sanchez en matière de logement ont offert au dirigeant une occasion rare de se présenter comme le chef de file d’une gauche mobilisée et de détourner l’attention des questions politiquement plus préjudiciables que sont la crise migratoire à Ceuta et les scandales de corruption.

"C'est une fenêtre d’opportunité", a-t-il observé. "S’il ne convoque pas rapidement des élections, ces sujets reviendront sur le devant de la scène."

(David Latona, Victoria Waldersee, Emma Pinedo et Mireia Merino; Version française Nicolas Delame, Benoit Van Overstraeten et Etienne Breban)

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